Dragon Quest VII : Le test Nintendo 3DS

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Seize années, c’est le nombre d’années qu’il aura fallu attendre pour que le septième opus de la saga Dragon Quest arrive enfin sur les étalages européens. Pourtant, ce remake 3DS de Dragon Quest VII a bien failli ne jamais voir le jour sous nos latitudes. En effet, suite aux mauvaises ventes des remakes DS, et à l’échec de Dragon Quest Heroes, Square Enix avait décidé d’arrêter les frais et de ne plus sortir les Dragon Quest hors du Japon. Mais, de l’aveu même des développeurs, la pugnacité des fans français qui ont démontré à de très nombreuses reprises leur intérêt pour avoir les versions 3DS ont convaincu les dirigeants de conclure un partenariat d’édition avec Nintendo afin de les distribuer en Occident. Pour une fois, soyons chauvins et ne gâchons pas notre plaisir.

Ce remake 3DS de Dragon Quest VII : Eden no Senshi-tachi, de son titre japonais est sorti initialement en février 2013 au Japon. Les ventes dépassèrent les 800 000 exemplaires la première semaine. Cela démontre que ce remake était attendu. Il faut dire que le jeu d’origine sur PS1 était déjà jugé austère au moment de sa sortie. Les promesses d’un gameplay rénové et d’une refonte graphique en profondeur ont convaincu les Japonais de replonger dans ce jeu. C’est à notre tour, maintenant, de profiter de Dragon Quest VII qui reste, par rapport à la saga, atypique par bien des aspects.


Dragon Quest VII Heros



Votre aventure débute dans le village de la baie d’Alevin situé sur l’île de Meylor. Très rapidement, vous vous rendrez compte que le monde de Dragon Quest VII n’est composé que de votre île. Il n’y a donc ni continent, ni d'autres îles à explorer, ce qui peut paraître bien monotone aux jeunes gens en quête d’aventure. Après un réveil difficile, vous assisterez au départ de votre père pour la pêche annuelle. Votre amie d’enfance, Maribel, fille du maire, essayera d’échapper à cette vie monotone et sans surprise en se cachant dans le bateau de votre paternel. Une fois que vous l’aurez débusquée et ramenée à la raison, vous serez ensuite convoqué par le roi pour une affaire de la plus haute importance. Ce sera l’occasion de sortir pour la première fois de ce petit village et d’explorer votre charmante île.




Là, l’exploration sera succincte. Car, hormis votre village, la capitale de Melyor, la cabane de l’ermite ou d’étranges ruines, il n’y a rien de bien excitant. Pas de monstre à combattre, pas d’aventure à attendre. Après bien des péripéties, le héros accompagné par Maribel et le prince Killyan, découvriront de vieux artefacts prenant la forme de tablettes de pierre. Après avoir résolu diverses énigmes, ils accèderont à la salle des Mystères, enfouie au cœur des ruines, qui leur permettra d’accéder à la région oubliée de Kereal. C’est à ce moment seulement que commencera réellement votre aventure. On touche là, l’un des premiers points atypiques de ce Dragon Quest. En effet, vous passerez le début de votre quête, soit pas loin de deux heures, sur l’île du royaume de Meylor sans combattre un seul monstre, de quoi désarçonner les vieux routards des J-RPG. Ce début atypique est pourtant nécessaire à la mise en place de l’univers très riche de cet opus. Il fera la part belle à l’exploration et à la quête d’informations. Car Dragon Quest VII a comme particularité d’avoir un rythme de narration très lent, mettant en avant un univers et une histoire extrêmement développés. Cependant, ce rythme pourra paraître pesant pour certains.

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Dragon Quest VII Prince

C’est pourtant là que réside la grande force de ce jeu, car aucun autre épisode de la saga ne vous fera rencontrer autant de personnages ou voyager à travers autant de lieux différents. Le principe de ce monde morcelé est un autre de ses points forts. Vous visiterez, dans la plupart des cas, les îles à deux époques différentes. Une fois en remontant dans le temps, où votre mission consistera à vaincre par tous les moyens la malédiction retenant ces îles dans le passé. La seconde fois, dans le présent où vous serez mis devant les conséquences de vos actions. Les quêtes annexes seront aussi très nombreuses et rallongeront, pour les plus courageux, la durée de vie déjà immense du jeu. Conscient que le rythme pouvait poser un problème pour les joueurs actuels et au vu des retours faits à l’époque sur la version PS1, les développeurs se sont efforcés de gommer le sentiment d’errance ressenti par le joueur. Plusieurs options viennent enrichir cette version 3DS. Déjà notons la présence d’un personnage exclusif à cette version, un lutin violet nommé le Veilleur qui vous guidera dans le cheminement de l’histoire en vous indiquant où il reste des morceaux de tablettes à découvrir. Il vous donnera également un détecteur qui s’affolera quand vous serez à proximité d’un de ces précieux artefacts. Enfin, 3DS oblige, vous aurez tout le temps accès à une carte accessible sur l’écran du bas.

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Dragon Quest VII Mirabel


Du fait de sa construction, Dragon Quest VII est parfaitement adapté pour être joué en nomade. Mais afin d’assister le joueur, un résumé des actions passées et du scénario est constamment accessible depuis le menu Info, une première dans un Dragon Quest. Cela a pour avantage de pouvoir faire une pause dans l’histoire pour y revenir plus tard sans se retrouver perdu et sans but. Comme quoi, la série se modernise. Cette modernisation passe aussi par le côté technique, car c’est là où les différences avec la version PS1 se font les plus flagrantes. On est désormais face à un jeu entièrement en 3D et non plus mélangeant parfois maladroitement 2D et 3D. Absolument tout est modélisé en 3D, les personnages, les villes ou encore les donjons et bénéficie d’une caméra libre. On retrouve la patte graphique de Toriyama qui avait su fournir un excellent travail au niveau design et qui est ici sublimée par le bond graphique de ce remake. De plus, la 3D stéréoscopique est très stable et agréable. Autre point qui est passé par les fourches caudines de la modernisation, les combats ne sont plus aléatoires. Comme dans Dragon Quest IX, on voit maintenant les monstres sur la carte du monde et ils n’hésiteront pas à vous courser si vous passez à proximité. Les combats en eux-mêmes gardent leur côté old school uniquement lors de la sélection des commandes en conservant la représentation en 2D vue par les yeux du héros, typique de la série.

Mais une fois les actions choisies, la caméra recule afin de nous laisser voir nos héros agir sur le champ de bataille. Les animations de nos personnages et des ennemis sont très détaillées. Une attention toute particulière a été apportée aux effets pyrotechniques des divers sorts et coups spéciaux. A noter que les armes ou boucliers nouvellement équipés seront maintenant visibles à l’écran. Que serait un Dragon Quest sans les musiques de Koichi Sugiyama ? Surtout que celles du VII sont parmi les plus appréciées des fans japonais. Cependant les joueurs occidentaux ont eu la très mauvaise surprise de constater que les musiques symphoniques de la version 3DS japonaise avaient laissé la place aux versions MIDI issues de la version iOS qui sont d’une qualité inférieure. Qui croire entre Nintendo qui déclare que la raison se trouve dans la présence des différentes traductions européennes ou les rumeurs d’un problème de droit d’exploitation dû au compositeur ? Ce sujet sera abordé dans un futur article concernant les différents remakes de cet épisode. Dans tous les cas, le constat reste amer. Mais nuançons tout de même ce point, les musiques restent très agréables à l’oreille et la qualité de la bande son de cet opus reste bien supérieure à celles de pas mal de J-RPG actuels. Parmi les autres nouveautés de ce remake, et toujours dans cette volonté de rafraichir le jeu et de le rendre plus accessible, notons que certaines scènes ont été réécrites pour faciliter leur compréhension.

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Comme on est sur 3DS, la fonctionnalité StreetPass est utilisée pour récupérer des tablettes de voyageurs donnant accès à de nouveaux donjons. Le bar de téléchargement permettra également d’avoir accès à des donjons inédits offerts par Square Enix et renfermant des ennemis emblématiques de la série. Un dernier point sur la traduction française de cet épisode assurée, cette fois-ci, par les équipes de Nintendo America. Comme pour les épisodes DS, celle-ci est de très bonne qualité et joue parfois sur les différents accents européens. Mais personnellement, je regrette qu’elle soit tombée dans le politiquement correct.

Dragon Quest VII Melvin

En effet, toutes les allusions, même lointaines, au sexe ont été gommées. Le personnage de Killyan, par exemple, y perd en épaisseur, lui qui était si friand de la gent féminine dans l’ancienne version PS1 américaine. Mais le travail reste à saluer quand on sait que le scénario et les dialogues comprennent environs 875 000 mots. Du côté des défauts, on peut signaler que si les graphismes de ce remake étaient agréables en 2013, ils sont maintenant un peu dépassés par rapport à d’autres jeux plus récents sortis sur ce support. Pour la même raison, la sortie initiale en 2013, les capacités des New 3DS ne sont pas exploitées. Enfin, pour finir sur les défauts techniques, la carte du monde souffre d’une distance d’affichage assez faible. De ce fait, lorsqu’on se balade dessus, on voit les arbres ou les coffres apparaitre soudainement devant soi. Enfin, il faut savoir que cet épisode est celui de tous les excès. Cet opus comprend le plus grand nombre de vocations (jobs pour faire le parallèle avec la série Final Fantasy). Déjà conséquent dans la version originale, les vocations accessibles dans ce remake seront au nombre de 52. Et même si le rythme a été dynamisé, il faudra tout de même compter à peu près 80 h pour clore l’histoire principale. Et bien plus si l’on veut voir aboutir les très nombreuses quêtes annexes, comme la quête des mini-médailles ou la prairie aux monstres. Mais à l’heure où la durée de vie des jeux devient de plus en plus faible, il serait malvenu de s’en plaindre.

Dragon Quest VII Artwork

En bref...
Avec ses personnages tous plus attachants les uns que les autres, sa quête principale captivante et riche en rebondissements, ses musiques qui vous trotteront dans la tête pendant un bon bout de temps, Dragon Quest VII signe le grand retour de la saga sur le devant de la scène. On peut lui reprocher un scénario tellement dense qu’il demandera un investissement certain de la part du joueur, mais ce remake 3DS rend ce point moins sensible en multipliant les aides. Dragon Quest VII propose de vivre une grande et belle aventure comme rarement un jeu de rôle japonais l’a fait, et c’est là ce qui a fait son succès.

[+] Durée de vie énorme
[+] Personnages attachants
[+] Histoire captivante qui se mettra en place doucement mais sûrement
[+] Traduction pleine de nuance …

[-] mais qui est trop politiquement correcte
[-] Il faut du temps devant soi pour le boucler
[-] Techniquement, ça reste un jeu 3DS de 2013
[-] Bande son en MIDI plutôt que les symphoniques






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